La Zumba, une philosophie : « Le lâcher prise ! »
Pour s'en convaincre, il suffit d'écouter la rayonnante Alessandra Machado, 40 ans, prof de danse à Lille, brésilienne d'origine, intarissable sur les vertus de cette discipline qui explose et pour laquelle elle a décroché six diplômes à travers le monde. « J'appelle ça le lâcher prise,explique-t-elle avec un sourire lumineux. Nous vivons tous aujourd'hui dans une société de contraintes et de dépendances. C'est dans les cultures primitives qu'on va retrouver cette propension à se retrouver ensemble plus naturellement. » Et la zumba, mot provenant de l'argot colombien et signifiant grosso modo « bouger vite et simplement », nous replongerait dans ces pulsions originelles : « Ne surtout pas être dans le contrôle de ses actions. Être dans la sensation. S'amuser. Dans mes cours, il n'y a pas de miroir. À partir du moment où on se regarde, il y a un auto-contrôle. Il faut se lâcher ! » L'infatigable Alessandra, qui assure dix-huit cours par semaine (parfois même devant des personnes âgées ou des enfants trisomiques), se lance même un nouveau défi : faire rentrer la zumba dans les prisons pour femmes. « Les hommes font des barres ou du fitness à la dure. Les femmes, elles, ne se regardent plus. Elles ont honte. Il faut leur redonner une connexion avec leur corps. » La zumba comme vecteur de réinsertion sociale. Et d'évasion !
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