Souvent (pour ne pas dire toujours), mes patients anorexiques ou boulimiques m'évoquent des troubles qui remontent à leur enfance : des parents autoritaires et/ou des parents qui les ont frappés.
Vous me direz (comme la plupart des gens), une petite fessée ou une petite claque ça ne fait jamais de mal.
Mais vous aurez tort. Une petite fessée ou une petite claque ça fait toujours mal.
Ca fait toujours mal car c'est toujours humiliant (au minimum) et/ou toujours brutal (au maximum).
Ca fait toujours mal car l'enfant, fragile ,(un enfant est toujours fragile car il est en devenir) pourra retourner cette brûtalité contre lui (et, dans les cas extrêmes, devenir dépressif, voire suicidaire, ou alcoolique ou toxicomane, ou développer des maladies graves car le stress diminue les défenses immunitaires) ou contre les autres (et, dans les cas extrêmes, reproduire cette brûtalité sur des camarades à l'école, sur ses propres parents, sur sa femme plus tard ou son patron ou son voisin de palier).
Contrairement à une idée archaïque qui fait long feu, un enfant n'est pas un petit animal qui se dresse.
Et quand bien même on considérerait l'enfant comme un petit animal, il n'est aucun dresseur d'animaux qui emploie la violence pour avoir le dessus. Le dompteur sait qu'il n'arrivera jamais à rien en frappant ses animaux. C'est contre productif. Cela rendrait l'animal peureux, voire agressif et donc dangereux.
Par ailleurs, dans la nature, aucune mère ne brutalise son petit.
Chers parents qui aimez vos enfants, ne croyez pas leur rendre service en les éduquant de façon stricte et en n'hésitant pas à avoir recours au châtiment corporel.
Il y a d'autres moyens, beaucoup plus efficaces, de les aider à grandir.
Si vous avez un doute, je vous encourage à lire "La Fessée - Questions sur la violence éducative" d'Olivier Maurel aux éditions La plage
NDLR : je sais de quoi je parle. Ma mère me frappait. J'ai été boulimique à 20 ans et suicidaire pendant 48 ans !